C’est la question du jour ! Je vous accorde bien volontiers que l’on pourrait raisonnablement faire l’économie d’un tel questionnement. Pourtant cette question est l’arbre qui cache la forêt de multiples interrogations.
L’entrepreneur entreprend ! tout le monde suit jusqu’ici ?
Que nous dit notre cher Larousse sur la signification du verbe ? « Commencer à exécuter une action, en général longue ou complexe. » Il y a bien cette notion de commencement avec l’idée (peut être et avec ma seule interprétation subjective) qu’après avoir entrepris donc, on devient chef d’entreprise, gérant, directeur général … que sais-je ? celui qui fait tourner la boutique.
En réalité, notre terme du jour possède bien deux visages : le premier a bien le bénéfice de la nouveauté et le second qui s’octroie , comme une sorte de privilège, le droit de continuer de s’appeler “entrepreneur” . Un statut qui s’est imposé par paresse mais qui par nature va exclure ceux qui n’ont pas innové, créé ou inventé ; donc exit les repreneurs, les dirigeants, les franchisés et tous les indépendants non innovants !
Devant cette confusion assumée, notre candidat s’est donc récemment enrichi d’une notion de “primo entrepreneur” afin de tenter la distinction entre les nouveaux et les anciens, mais cela ne résout rien et il me vient à présent deux questions :
- Créer une société ne suffit donc pas à devenir entrepreneur ?
- Faut-il donc distinguer les créateurs d’entreprise et les entrepreneurs ?
L’affaire se complique les amis et imaginez la scène :
– Que faites-vous dans la vie ?
– Je suis entrepreneur.
Mon interlocuteur va probablement être positivement surpris … peut-être un peu moins si je précise :
– Je suis auto-entrepreneur, je réalise des petits travaux de jardinage à domicile .
Sa déception pourrait être aussi alimentée par un sentiment d’imposture avec cette pensée : “un auto-entrepreneur n’est pas vraiment un entrepreneur ”. Ah bon ?
Nous y sommes, bienvenue dans la « lutte des classes » des entrepreneurs !
Et vous ? Qu’en pensez -vous ?
